Comment créer des calendriers photo à son image ?

Avant toute chose, voici une réflexion personnelle sur le produit photographique qu’est le calendrier. Elle n’a évidemment rien d’un principe absolu, et je serai ravi d’échanger avec vous dessus. Léa Cirotteau (@paroledelea) vous donne son avis à elle en fin d’article.

Le calendrier, un produit d’appel pour les photographes ?

Le calendrier est un objet utile : les français adorent noter sur un support physique leur programme à travers les jours, les semaines et l’année. L’arrivée des agendas numériques n’a pas remplacé totalement l’objet papier : il suffit de regarder les frigos de vos proches…

Cet objet vous permet d’exposer de petites photos chez des particuliers, qu’ils verront tous les jours dans leur cuisine. C’est plutôt pas mal !
Le prix de ces produits reste accessible à un public relativement large. C’est donc un premier accueil pour des photos qui se souhaitent artistiques et diffèrent des photos souvenirs des vacances : peut-être qu’après cela, le prochain achat sera un tirage d’art ?

Le calendrier et les étrennes : postiers, pompiers… et photographes ?

Quand on y pense, tout le monde fait des calendriers, non ?

Effectivement, les agents des services publics en proposent pour recevoir des pourboires, l’usage traditionnel des étrennes. Les pompiers vendent eux aussi un calendrier illustré, parfois avec leurs propres photos. Le milieu associatif et les jeunes en vendent également pour financer des projets.

Est-ce les photographes ont le même objectif avec leurs calendriers photo ?

Je ne crois pas : un calendrier, c’est l’un des produits, un format papier parmi une multitude d’autres, dont la vente a pour but la réussite commerciale du professionnel.
Il me semble donc important de ne pas marcher sur les plates-bandes des acteurs associatifs, et proposer un produit qui se positionne différemment. J’aime acheter à la fois un beau calendrier d’un.e photographe… et participer aux étrennes, c’est pas vraiment pour leur calendrier qu’on soutien les agents des services publics.

Vivre de la photographie : la rentabilité, un objectif ?

Pour ma part, je souhaite vivre de la photographie et en faire mon métier (et c’est le cas depuis 5 ans). Je dois donc proposer un produit rentable.

L’arrivée d’une vague de photographes amateurs éclairés, très équipé, doués, qui se professionnalisent et souhaitent vendre, est un fait, et il faut composer avec cette offre qui se densifie énormément. Ce n’est n’est pas du tout un mal en soit, et par ailleurs j’en viens moi-même. Cependant qui dit une offre plus dense… parfois veut dire concurrence et baisse générale des prix.
Pour ces photographes, la différence, c’est qu’ils ne dépendent pas de la vente d’images pour vivre, car il possèdent un emploi principal (il existe une multitude d’autres situations).

Avec la démocratisation du matériel et des voyages photographiques/stages animaliers à travers le monde, les amateurs éclairés produisent aujourd’hui des images parfois difficiles à distinguer du travail de professionnel installé. Sans parler de l’IA : vous ne vous doutez pas de la quantité d’images IA que l’on peut trouver, parfois même sur des comptes assez influents…

Si je peux donc donner un conseil : échangez avec vos collègues qui essaient de vivre à 100% de la photo et pratiquez des tarifs corrects. On y gagne tous sur le long terme.

Pour mes calendriers, j’ai choisi de proposer un produit plutôt le plus écolo possible, avec une fabrication partiellement artisanale “fait main”, pratique et utile. Je ne souhaite produire que des objets pour lesquels je trouve une utilité et que j’aimerais avoir chez moi. C’est nécessairement un produit un peu plus cher que la moyenne.

L’objet calendrier qui me plaît

Pour me démarquer, j’ai travaillé sur la forme et sur le fond.

Sur la forme

Je voulais un beau papier qui rappelle les tirages d’art : mat, épais, avec un impact environnemental le plus faible possible. Le bilan carbone zéro est impossible pour un objet physique, mais je voulais tendre vers quelque chose de cohérent.

Je voulais aussi un calendrier vraiment utile, avec un design personnalisé et de grandes cases pour écrire. Aucun modèle préfabriqué en ligne ne répondait à ce besoin.

Sur le fond

Pour chaque calendrier, j’essaie de trouver un thème, une idée qui relie les images entre elles. En 2023, par exemple, j’ai choisi de ne montrer que des images réalisées dans un rayon très faible autour de chez moi. Pour 2025, j’ai souhaité partager des photographies récentes, et après plusieurs années à chercher des thèmes précis… J’ai préféré rester large et montrer un peu de tous mes reportages des derniers mois. J’ai ajouté en revanche une petite note sous chaque photographie pour raconter le moment vécu.

Des objectifs clairs pour l’argent récolté

C’est un vrai sujet, à la fois pour l’auteur du calendrier et pour le public.
Présenter un fléchage précis des bénéfices permet de rationaliser l’achat du produit. C’est une attente massive du public : quand on travaille avec la nature, nos soutiens espèrent nous voir développer de nouveaux projets liés à l’environnement. Ils souhaitent investir dans la protection de la nature en plus d’acheter un objet.

Le besoin d’être rémunéré pour vivre de son travail ne suffit pas toujours comme argument. Mais quelque part, si l’on avait les mêmes attentes avec toutes les entreprises que le grand public avec les professionnels de la nature, le monde tournerait probablement plus rond !

J’ai déjà entendu la phrase suivante : “j’adore vos photos mais je préfère investir dans un calendrier où une plus grande partie des bénéfices est redistribuée aux associations”. C’est un retour assez passionnant, et je rêve d’un monde ou cette demande dépasse les artistes (déjà) engagés et fonctionne pour l’alimentation, le chauffage, les moyens de transpors.


Pour ma part, cette année, j’oriente les bénéfices vers la réalisation d’une exposition et la production de courts-métrages. 10% des bénéfices seront reversés à Focale pour le Sauvage.

Nuance4

Avant de réaliser mon premier calendrier, je me suis énormément renseigné auprès de différents imprimeurs d’une part et sites avec modèles prédéfinis d’autres part. Mon choix s’est finalement porté sur une imprimerie belge, de Namur, qui proposait le format que je souhaitais et qui travaille dans un esprit de responsabilité environnementale très intéressant.

Nuance4 est notamment certifié FSC, et propose même des encres d’origine végétale pour des commandes suffisamment importantes. Ce dernier point m’a beaucoup motivé, même si je n’ai pas encore eu une quantité de commandes suffisante pour en profiter. En revanche, je réalise les impressions sur papier recyclé.

Nuance4 s’occupe de l’impression, de la reliure et de la livraison, avec des délais très satisfaisants. La relation client est vraiment rassurante.
De mon côté, je dois simplement envoyer le design complet sous forme de PDF prêt à imprimer. Le modèle n’est pas prédéfini.

Pour réaliser les grilles mensuelles et le design, plusieurs options s’offrent à vous : PowerPoint, Excel, Canva… Faites simplement attention aux droits commerciaux des éléments utilisés : le produit final doit vraiment être différent des éléments employés séparément.
Voici par exemple les règles de Canva.

Le produit final est plus personnel, mais plus long à concevoir. Pour ma part, j’apprécie ce fonctionnement, et je passe par Canva. Mais choisir un site en ligne avec modèle prédéfini et impression intégrée peut tout à fait être rationnel.

Si jamais vous souhaitez échanger avec eux, n’hésitez pas : contactez-les de ma part.

Un petit conseil pour la route :

Il peut être très pertinent de faire des essais… C’est ce que l’on appelle une “épreuve”. Ici par exemple, j’ai compris que je devais modifier la position du sous-texte, ça serait dommage qu’il soit troué ! Une petite correction suffit avant de lancer l’impression de tous les calendriers.

L’avis de Léa Cirotteau @paroledelea

“Faire un calendrier photo peut sembler simple de l’extérieur, mais en réalité c’est un travail long, coûteux et parfois paradoxal. Vendre un calendrier 30 € paraît cher, pourtant ce prix couvre l’impression, le temps passé à le créer, les emballages, la commission d’Ulule et la part que je reverse à une association, ce qui laisse au final peu de marge.


J’aimerais vraiment pouvoir travailler avec un imprimeur local et éthique, comme pour mon livre, mais les petites quantités ne le permettent pas encore et je dois passer par un prestataire en ligne, ce qui va à l’encontre de mes convictions.
Je préfère aussi recevoir les calendriers chez moi : contrôler la qualité, les emballer un à un, ajouter une petite attention — même si cela prend un temps fou.


Ulule offre une belle visibilité avec des objectifs clairs, mais la commission de 8 % pèse lourd, et je me demande parfois s’il ne vaudrait pas mieux basculer sur mon propre site, même si ce serait probablement moins efficace en termes de ventes.


Malgré tout, j’aime créer ces calendriers : ils font plaisir aux personnes qui me suivent, ils soutiennent une association qui me tient à cœur et ils permettent de sensibiliser au vivant, même si ce n’est pas une activité très rentable et qu’il devient difficile de se démarquer parmi toutes les démarches similaires qui émergent.”

Merci beaucoup Léa de t’être prêtée à l’exercice !

Léa et son calendrier

Et vous, vous faîtes un calendrier photo ? Hésitez pas à venir nous raconter sur le canal instagram.

Et si jamais vous n’avez pas encore acheté votre calendrier, n’hésitez pas à venir voir celui que je vends cette année, Léa a tout vendu de son côté ! Hâte de voir ce qu’elle créera l’an prochain 😊.


Très belle journée à toutes et tous !

À bientôt !

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